
C’est une question qui revient dans chaque comité de direction. "Si mon équipe marketing génère le visuel de notre prochaine campagne avec Midjourney, est-ce que cette image est vraiment à nous ?". Ou pire : "Est-ce qu'un concurrent a le droit de la copier sans risques ?".
La propriété intellectuelle IA entreprise est un champ de mines juridique qui évolue vite. Beaucoup de dirigeants pensent, à tort, que payer un abonnement à un outil suffit à garantir une protection totale. La réalité est plus nuancée.
En 2026, le droit d'auteur ne protège pas la machine, mais l'humain. Voici ce que vous devez savoir pour sécuriser vos actifs immatériels sans freiner la production.
En matière de propriété intellectuelle IA entreprise, le consensus juridique actuel (UE et USA) stipule qu'une œuvre générée exclusivement par une IA sans intervention humaine créative ne bénéficie pas du droit d'auteur. Cependant, les Conditions Générales d'Utilisation (CGU) des outils professionnels (comme OpenAI ou Adobe Firefly) transfèrent généralement la propriété commerciale des résultats (outputs) à l'utilisateur, lui permettant d'exploiter les contenus librement, bien que leur protection contre la copie reste plus fragile qu'une œuvre traditionnelle.
Pour comprendre la situation, il faut revenir à la définition du droit d'auteur. Pour qu'une œuvre soit protégée, elle doit refléter "l'empreinte de la personnalité de l'auteur".
La jurisprudence est claire : une machine ne peut pas être titulaire de droits. Si vous tapez un prompt simple comme "Dessine un chat bleu" et que l'IA sort une image, cette image appartient techniquement au domaine public.
Cela signifie que vous avez le droit de l'utiliser, mais que vous aurez du mal à empêcher un tiers de l'utiliser aussi.
Cependant, ne confondez pas "Droit d'auteur" et "Droit d'utilisation".
La quasi-totalité des versions professionnelles (ChatGPT Team/Enterprise, Microsoft Copilot) incluent une clause de cession de droits.
Concrètement, OpenAI vous dit : "Nous ne revendiquons pas la propriété de ce que vous générez. C'est à vous, faites-en ce que vous voulez (y compris le vendre)". Vous êtes donc en sécurité pour l'exploitation commerciale.
Attention toutefois : si vous utilisez les versions gratuites sans lire les conditions, vous vous exposez aux risques shadow AI (fuite de données et droits flous), car les conditions sont souvent moins protectrices pour l'utilisateur.
Si le résultat brut n'est pas protégé, l'œuvre "assistée" peut l'être. Tout se joue sur votre niveau d'intervention. C'est ici que la gouvernance IA entreprise doit fixer des règles de production claires.
Pour qu'un contenu IA devienne une œuvre protégée, l'humain doit intervenir avant et après.
En cas de litige, vous devrez prouver votre apport. Nous conseillons à nos clients de garder des traces des itérations (les différents prompts testés, les brouillons). C'est la preuve que l'IA n'était qu'un pinceau, et que vos salariés étaient bien les artistes.
L'autre facette de la propriété intellectuelle, c'est le risque d'enfreindre celle des autres.
Les IA ont été entraînées sur des milliards de données, parfois protégées. Il existe un risque (faible mais réel) que l'IA régurgite une image ou un texte très proche d'une œuvre existante (ex: le style d'un artiste connu ou un logo de marque).
Pour rassurer les entreprises, les grands éditeurs (Microsoft, Google, Adobe) ont mis en place des clauses de "Garantie contre les droits d'auteur".
Si vous êtes attaqué en justice parce que Copilot a généré un code qui ressemble à un logiciel breveté, Microsoft s'engage souvent à payer les frais de justice et les dommages. Vérifiez bien que cette clause figure dans vos contrats SaaS. C'est un point de vigilance majeur de notre checklist IA Act PME.
Ne laissez pas le flou juridique vous paralyser. Retenez cette règle simple : utilisez l'IA pour produire, mais utilisez l'humain pour finir.
Tant que vos équipes ajoutent leur touche, leur expertise et leur style aux contenus bruts de l'IA, vous construisez une valeur qui vous appartient. C'est la différence entre un simple "copier-coller" (dangereux) et une véritable création assistée (valorisable).
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